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Léopards : que retenir du stage en Afrique du Sud ? 

Au terme des deux rencontres amicales face à l’Ouganda (défaite 0-2, 1-1), le rassemblement des Léopards a livré plusieurs enseignements sur le plan individuel. 

Kévin Pedro, Jordy Makengo, Stephy Mavididi, Jorthy Mokio, Ezechiel Banzuzi et Ndezi ont marqué des points, tandis que Jackson Muleka, Samuel Essende, Dimitry Bertaud, Afimico Pululu et Junior Kadile n’ont pas pleinement convaincu. Willy Kambwala, lui, devra gagner en régularité.

Le bilan collectif des Léopards (une défaite et un nul) en Afrique du Sud est mitigé, mais cette fenêtre internationale aura permis à Sébastien Desabre d’évaluer plusieurs profils dans des conditions différentes. 

Entre joueurs ayant saisi leur chance, attaquants en difficulté et éléments encore attendus au tournant, les deux confrontations face à l’Ouganda ont permis de dégager plusieurs tendances.

Pedro, Makengo, Mavididi, Banzuzi, Mokio et Ndezi marquent des points

Parmi les joueurs qui ont profité de ce rassemblement, Kévin Pedro figure dans la liste des satisfactions. Le défenseur de l’AS Saint-Étienne a pu découvrir davantage les exigences du football international et apporter des arguments en faveur d’une place dans la rotation congolaise.

S’il n’a pas été très en vue offensivement, il a réalisé des bonnes prestations sur le plan défensif. Il possède donc de bons arguments pour aller concurrencer Gedeon Kalulu pour une place dans la liste de novembre. 

Junior Kadile lors du premier match face à l’Ouganda / Crédit : Bloc Léopards

Jordy Makengo a également marqué des points. Le latéral de Fribourg représente une option supplémentaire dans le secteur défensif. Il la possibilité d’apporter de la concurrence dans un poste où Joris Kayembe et Arthur Masuaku ont egalement été performants. 

Sur le plan offensif, Stephy Mavididi fait partie des profils à retenir. Son apport potentiel dans les couloirs offre une solution supplémentaire à Sébastien Desabre, qui doit disposer de plusieurs options pour varier les animations offensives de son équipe.

Ezechiel Banzuzi a lui aussi montré des éléments encourageants. Le milieu de terrain a laissé entrevoir des qualités intéressantes, même si son deuxième match contre l’Ouganda a été un peu compliqué. Cette baisse de régime rappelle néanmoins qu’il devra confirmer ses premières impressions et gagner en constance.

Brandon Ndezi figure aussi parmi les joueurs qui ont pu profiter de cette fenêtre internationale pour se signaler. Titularisé au poste de numéro 6 lors du deuxième match, le milieu de Dijon a pu mettre en évidence sa technique balle au pied. 

Il évolue toutefois dans un secteur particulièrement bien fourni en sélection, où la concurrence s’annonce rude. Pour s’y imposer durablement, le milieu dijonnais devra confirmer les qualités entrevues et faire preuve de régularité, alors que les places se vendront désormais chères dans l’entrejeu des Léopards.

Enfin, Jorthy Mokio a également marqué des points durant ce rassemblement. Le jeune milieu de l’Ajax Amsterdam a montré des qualités techniques intéressantes lors de ses entrées en jeu face à l’Ouganda, laissant entrevoir un potentiel prometteur pour l’avenir de l’entrejeu congolais.

Toutefois, son apport reste à inscrire dans la durée. En raison de la réglementation de la FIFA liée à son changement de nationalité sportive, après une apparition officielle avec la Belgique en mars 2025, il devra patienter jusqu’en mars 2028 pour disputer une rencontre officielle avec les Léopards, sauf décision favorable anticipée des instances compétentes.

Muleka, Essende, Pululu, Bertaud et Kadile n’ont pas convaincu

Jackson Muleka, Samuel Essende et Afimico Pululu étaient notamment attendus dans le secteur offensif, mais leurs prestations n’ont pas permis de s’imposer comme des solutions évidentes.

Samuel Essende  arrivait en sélection avec une confiance maximale, portée par un début de saison canon en Suisse. Avec 10 buts après neuf journées de championnat, il s’était installé parmi les attaquants les plus prolifiques du moment. Le contraste entre son rendement chez les Young Boys et son influence en sélection soulève une nouvelle fois la question de sa capacité à transposer ses performances en club sous le maillot congolais.

Afimico Pululu avait lui aussi des arguments à faire valoir. L’attaquant sortait d’une saison 2025-2026 particulièrement réussie avec Jagiellonia Białystok, en Pologne, où il avait inscrit 21 buts en championnat. Ces statistiques avaient naturellement placé de grandes attentes autour de ses prestations avec les Léopards.

Titulaire pour son premier match avec les Leopards, le joueur d’Al Hazem n’a malheureusement pas eu l’impact attendu au sein de l’attaque congolaise.  

Jackson Muleka, de son côté, avait une occasion de relancer sa trajectoire internationale. Considéré autrefois comme l’un des grands espoirs du football congolais, l’ancien attaquant du TP Mazembe avait l’opportunité de retrouver une place plus importante chez les Léopards. Ce rassemblement représentait une fenêtre pour rappeler ses qualités et convaincre Sébastien Desabre de lui accorder davantage de crédit. Mais il n’a pas suffisamment saisi cette opportunité pour relancer sa candidature. Pour un joueur qui cherche à retrouver une place de choix en sélection, les prochaines convocations seront déterminantes.

Au-delà de leurs situations individuelles, ces trois cas illustrent un même constat. Les performances en club constituent un argument pour être convoqué, mais elles ne garantissent pas une influence immédiate en sélection. 

Essende, Pululu et Muleka devront désormais convertir leurs prochaines opportunités en prestations plus convaincantes s’ils veulent renforcer leur position dans un secteur offensif où la concurrence reste ouverte.

De retour chez les Léopards après plusieurs mois, Dimitry Bertaud n’a pas pleinement saisi l’occasion de marquer des points lors des deux rencontres amicales face à l’Ouganda. Le gardien congolais a notamment été mis en difficulté sur plusieurs séquences.

À l’aller, il s’est rendu coupable d’une erreur sur le premier but ougandais et a également suscité quelques frayeurs dans son jeu au pied. Au retour, il n’a pas été exempt de reproches sur l’égalisation adverse. Des approximations qui ont terni sa prestation et ne lui ont pas permis de se rassurer dans la hiérarchie des gardiens de la sélection. Sans remettre en cause ses qualités, ce rassemblement laisse donc un bilan mitigé pour le portier congolais, qui devra afficher davantage de sérénité et de fiabilité lors de ses prochaines apparitions.

Junior Kadile, lui aussi, n’a pas réussi à saisir pleinement sa chance.  L’ailier du RC Lens a pourtant bénéficié d’un temps de jeu conséquent durant cette séquence internationale. Entré en fin de match face à la Guinée équatoriale lors de la première journée des éliminatoires de la CAN 2027, il a ensuite été titularisé contre le Zimbabwe. Lors du stage en Afrique du Sud, il a disputé 45 minutes lors de la première confrontation amicale face à l’Ouganda, avant d’être de nouveau titularisé lors du deuxième match contre les Cranes.

Junior Kadile lors du premier match face à l’Ouganda / Crédit : FECOFA

Quatre opportunités de se montrer qui ne lui ont toutefois pas permis de s’imposer comme une solution offensive incontournable. Malgré la confiance accordée par Sébastien Desabre, Kadile devra se montrer plus décisif et peser davantage dans le jeu pour justifier les attentes placées en lui. À ce stade, son volume de jeu contraste avec son influence offensive. À lui de transformer les minutes accumulées en arguments concrets pour la suite.

Pour ces joueurs, ce stage ne constitue pas une condamnation définitive. Cependant, la concurrence est réelle et chaque rassemblement est une occasion de consolider sa place dans le groupe.

Willy Kambwala, un bilan contrasté

Aligné uniquement lors de la première rencontre amicale face à l’Ouganda, le défenseur de Como a livré une prestation contrastée. Rugueux dans les duels, il a toutefois été pénalisé par plusieurs fautes, souvent consécutives à des retards dans ses interventions. Des approximations qui ont compliqué sa prestation et mis en évidence les ajustements nécessaires pour répondre aux exigences du niveau international.

Son faible temps de jeu en club constitue également un élément à prendre en compte. Une situation qui peut affecter le rythme et les automatismes nécessaires à ce niveau. S’il conserve des qualités intéressantes, Kambwala devra retrouver davantage de temps de jeu et gagner en régularité pour aborder les prochains rassemblements dans de meilleures conditions. Le potentiel est là, mais il lui faudra désormais le traduire plus constamment sur le terrain.

Des enseignements pour la suite

Ce stage en Afrique du Sud aura permis de distinguer plusieurs catégories de joueurs : ceux qui ont renforcé leur candidature, ceux qui ont manqué une occasion de convaincre et ceux qui doivent encore franchir un cap.

Pour Sébastien Desabre, le défi sera désormais de tirer les bonnes conclusions de ces deux confrontations afin d’affiner ses choix pour la suite des éliminatoires de la CAN 2027.

Les résultats enregistrés lors de ce stage n’ont eu aucune incidence dans le classement FIFA des Léopards, qui ont gagné une place en octobre (40e en Afrique et 7e au monde). 

Pour des raisons inconnues, les rencontres amicales face à l’Ouganda n’ont pas été officiellement pris en compte par la FIFA dans le calcul du classement mondial.

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