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Léopards : comment préparer la phase 2 du projet Desabre ?

Après quatre années consacrées à reconstruire et stabiliser la sélection nationale, la RD Congo doit désormais franchir un nouveau cap. Le projet porté par Sébastien Desabre entre dans une nouvelle phase : celle de la performance.

Depuis son arrivée à la tête des Léopards en août 2022, Sébastien Desabre a progressivement transformé une sélection qui cherchait alors à retrouver une direction et une identité. Quatre ans plus tard, la RDC dispose d’un groupe plus stable, d’un cadre de travail mieux structuré et d’une équipe redevenue compétitive sur la scène africaine.

Mais la reconstruction ne peut pas être éternelle. Après avoir posé les fondations, les Léopards doivent désormais construire sur ces acquis.

La période 2026-2030 doit ainsi être celle du passage d’un projet de construction à un véritable projet de performance.

2026-2030 : le temps de la performance

La deuxième phase du projet doit répondre à une ambition différente. Il ne s’agit plus seulement de construire une équipe capable de rivaliser. Il faut désormais construire une sélection capable de gagner régulièrement.

Les objectifs sportifs doivent être clairement définis : participer aux prochaines CAN, se qualifier pour la Coupe du monde 2030, installer durablement la RDC parmi les meilleures nations du continent et, à terme, remporter une CAN.

L’objectif n’est donc plus simplement de retrouver une place sur la scène africaine. Il est de faire de la RDC une sélection régulièrement présente dans le dernier carré des grandes compétitions. Comment y parvenir ?

Conserver ce qui fonctionne

Le passage à un projet de performance ne signifie pas qu’il faut repartir de zéro.
Au contraire, la deuxième phase devra s’appuyer sur les acquis des quatre premières années : La solidarité, la cohésion, la résilience et la discipline doivent rester au cœur du fonctionnement des Léopards.

Ces éléments constituent désormais une partie de l’identité de cette sélection. Les remettre en cause au moment où le groupe commence à gagner en stabilité serait contre-productif.

Le défi consiste donc à faire évoluer l’équipe sans perdre les fondamentaux qui ont permis sa reconstruction.

Continuer à renouveler le groupe

Une sélection nationale ne peut cependant pas vivre uniquement sur un noyau de joueurs.
Le renouvellement doit devenir une politique permanente.

La RDC doit améliorer le suivi de ses équipes nationales de jeunes afin d’identifier plus tôt les joueurs susceptibles d’intégrer, à moyen ou long terme, la sélection A. Le travail doit également se poursuivre auprès des binationaux et des joueurs locaux performants..

Cela nécessite une véritable cellule de détection et d’anticipation, capable de suivre les joueurs sur plusieurs années. Dans cette optique, Sébastien Desabre a convoqué 13 nouveaux joueurs pour la trêve de septembre et octobre.

Ezechiel Banzuzi à l’entrainement avec les Léopards / Photo : FECOFA

Renforcer le scouting en RDC et en Afrique

L’autre chantier concerne le recrutement du vivier. La RDC possède un championnat national, des académies et un important réservoir de jeunes joueurs. Pourtant, une partie de ce potentiel reste difficile à identifier et à accompagner jusqu’au plus haut niveau.

Le scouting doit donc être renforcé sur le territoire national, mais également dans les différents championnats africains.

L’objectif serait de disposer d’un réseau permettant de suivre régulièrement les joueurs évoluant en Afrique, notamment ceux susceptibles de franchir un jour le cap vers la sélection.

La performance d’une sélection se prépare également en dehors des périodes internationales.

Trouver un meilleur équilibre tactique

Sur le terrain, le prochain défi sera également tactique. La RDC doit continuer à s’appuyer sur sa solidité défensive, tout en améliorant son rendement offensif.

La question n’est pas nécessairement de changer complètement l’identité de l’équipe, mais de lui permettre de disposer de davantage de solutions.

Face aux grandes nations africaines, les Léopards doivent être capables de défendre collectivement, de résister dans les moments difficiles et de profiter de leurs opportunités.
Mais face à des équipes moins bien classées ou moins expérimentées, la RDC doit également être capable de prendre le contrôle du match, créer davantage d’occasions et imposer son rythme.

C’est probablement l’un des principaux passages à franchir entre une équipe compétitive et une équipe qui prétend réellement aux titres.

Photo : FECOFA

Passer d’une culture de résistance à une culture de conquête

C’est peut-être le changement le plus important. Pendant la première phase du projet, la RDC devait avant tout retrouver de la crédibilité. Désormais, elle doit développer une véritable culture de la conquête.

Les Léopards ne doivent plus seulement être satisfaits lorsqu’ils tiennent tête à une grande nation africaine. Ils doivent progressivement considérer ces rencontres comme des occasions de démontrer qu’ils peuvent gagner.
La même logique doit s’appliquer face aux sélections moins huppées.

Une équipe qui aspire à intégrer durablement le Top 5 africain doit être capable de répondre présente contre les meilleures, mais également de prendre les points lorsqu’elle est attendue comme favorite.
La régularité deviendra donc aussi importante que les performances ponctuelles.

2030 comme horizon

La période 2026-2030 peut ainsi être considérée comme un cycle de maturation.
Le premier cycle a permis de reconstruire. Le deuxième devra permettre de transformer la compétitivité retrouvée en performance durable.

Cela passera par la continuité du travail de Desabre, mais également par une implication plus large de l’ensemble de l’écosystème du football congolais : fédération, ministère, clubs, centres de formation, cellules de recrutement et structures chargées du développement des jeunes.

Le sélectionneur ne pourra pas, à lui seul, porter l’ensemble de cette transformation.
Si la RDC veut réellement s’installer parmi les meilleures nations africaines et prétendre à un titre continental, elle devra construire un environnement capable de produire régulièrement des joueurs, de les détecter, de les accompagner et de les intégrer au moment opportun.

La première phase a permis aux Léopards de retrouver une base. La deuxième doit désormais leur permettre de viser plus haut.
Entre 2026 et 2030, l’enjeu ne sera donc plus seulement de savoir si la RDC peut rivaliser avec les meilleures équipes africaines. La véritable question sera de savoir si elle peut devenir, durablement, l’une d’entre elles.

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