La RD Congo a retrouvé la Coupe du monde après 52 ans d’attente. Les Léopards ont même franchi la phase de groupes avant de s’incliner en seizièmes de finale face à l’Angleterre (2-1). Quelques mois plus tard, une nouvelle campagne a déjà commencé. Avec les éliminatoires de la CAN 2027, la RDC doit désormais chercher à transformer cette expérience en véritable dynamique pour le football congolais.
Le Mondial 2026 appartient désormais à l’histoire
Pour son grand retour sur la scène mondiale, la RD Congo a réussi à franchir la phase de groupes avant de tomber face à l’Angleterre en seizièmes de finale, au terme d’une rencontre remportée 2-1 par les Three Lions.

Au-delà de l’élimination, cette Coupe du monde aura permis aux Léopards de retrouver le très haut niveau international et d’offrir à toute une génération une expérience que le football congolais attendait depuis plus de cinq décennies.
Mais maintenant, une nouvelle question se pose : que faire de cet héritage ?
Ne pas faire du Mondial une parenthèse
Le plus grand défi commence peut-être maintenant. La qualification pour le Mondial était un objectif majeur. Atteindre les seizièmes de finale a permis à la RDC de prolonger son aventure au-delà de la phase de groupes.
Mais cette participation ne doit pas rester un événement isolé dans l’histoire du football congolais.
L’objectif doit désormais être de construire une sélection capable de participer régulièrement aux grandes compétitions internationales et de maintenir un niveau de performance élevé dans la durée.
Et cette nouvelle étape a déjà commencé.
La CAN 2027, premier rendez-vous de l’après-Mondial
À peine quelques mois après le Mondial, les Léopards ont déjà retrouvé le chemin de la compétition.
Jeudi 24 septembre, la RDC a lancé sa campagne des éliminatoires de la CAN 2027 par une victoire 2-0 contre la Guinée équatoriale au stade des Martyrs. Chancel Mbemba a ouvert le score avant que Yoane Wissa ne double la mise en seconde période.
Ce premier succès permet aux Congolais de prendre trois points et de débuter cette nouvelle campagne de manière positive. Mais au-delà du résultat, ces éliminatoires représentent surtout le premier test de l’après-Mondial. La RDC doit désormais être capable de passer d’un grand événement à une véritable continuité sportive.
Transformer l’expérience du Mondial en acquis
La Coupe du monde a permis à plusieurs joueurs congolais de se confronter au plus haut niveau. Cette expérience doit maintenant être valorisée.
Les cadres de la sélection doivent pouvoir transmettre leur vécu aux nouveaux joueurs, tandis que les jeunes talents appelés à intégrer progressivement le groupe doivent être accompagnés dans leur progression.
L’objectif est de construire une équipe capable de se renouveler sans perdre son identité ni son niveau de compétitivité. La CAN 2027 peut ainsi devenir la première étape de cette nouvelle construction.
Investir dans les infrastructures
Cette progression ne pourra toutefois pas reposer uniquement sur la sélection nationale. Le football congolais doit continuer à travailler sur ses infrastructures : Terrains d’entraînement, stades, centres de formation, équipements et structures médicales. Les besoins restent importants.
Une sélection compétitive sur la scène internationale doit pouvoir s’appuyer sur un environnement capable de faire progresser les joueurs dès leur formation.
Faire de la formation une véritable priorité
La question de la relève doit également être centrale. La RDC dispose d’un important potentiel, aussi bien sur son territoire que dans sa diaspora.
Mais encore faut-il être capable d’identifier ces talents, de les accompagner et de leur offrir les conditions nécessaires à leur développement. La formation locale doit donc être renforcée.
Les catégories de jeunes ne doivent pas seulement être considérées comme des compétitions ponctuelles, mais comme les premières étapes d’un véritable parcours vers le haut niveau.
Structurer davantage le championnat national
Le développement des Léopards est également lié à celui des clubs. La Linafoot doit pouvoir évoluer vers un championnat plus structuré et plus professionnel, capable d’offrir de meilleures conditions de travail aux joueurs et aux entraîneurs.
Cette réflexion doit également concerner les catégories de jeunes et le football féminin.
Un football national plus solide permettrait d’élargir le vivier disponible pour les sélections et de créer davantage de passerelles entre la formation et le haut niveau.
Mieux exploiter le vivier de la diaspora
Le Mondial a également rappelé l’importance des joueurs formés ou évoluant à l’étranger.
La RDC doit continuer à développer un véritable réseau de scouting afin d’identifier les profils susceptibles d’intégrer les différentes sélections.
L’enjeu n’est pas simplement de recruter de nouveaux binationaux au moment des grandes compétitions. Il s’agit de mettre en place un suivi permanent des joueurs susceptibles de représenter le pays, tout en maintenant une politique cohérente avec la formation locale.
Donner davantage de moyens aux jeunes et au football féminin
Le projet ne peut pas se limiter aux Léopards A. Les sélections de jeunes doivent bénéficier d’un meilleur suivi, avec des programmes de préparation réguliers et une véritable continuité entre les différentes catégories.
Le football féminin doit également occuper une place importante dans cette stratégie de développement. Le football congolais doit progresser dans son ensemble.
Repenser la gouvernance et la Direction technique nationale
Pour construire dans la durée, il faudra également travailler sur la structuration du football congolais :
- Une gestion plus rigoureuse, davantage de transparence, une meilleure coordination entre les différentes structures et une Direction technique nationale pleinement opérationnelle peuvent contribuer à donner davantage de cohérence au projet.
- La formation des entraîneurs et des encadrants doit également être renforcée.
- Le développement d’un football de haut niveau ne dépend pas uniquement des joueurs. Il nécessite tout un écosystème de professionnels compétents autour d’eux.
De la qualification mondiale à une nouvelle culture de la performance
La RDC a désormais vécu ce qu’elle attendait depuis 52 ans. Elle a retrouvé la Coupe du monde, disputé trois matches de groupes et atteint les seizièmes de finale avant de s’incliner face à l’Angleterre. Mais l’enjeu n’est plus de regarder uniquement derrière.
La victoire 2-0 contre la Guinée équatoriale, pour le début des éliminatoires de la CAN 2027, rappelle que le calendrier international continue et qu’une nouvelle échéance est déjà devant les Léopards.
C’est peut-être là que se situent les véritables défis du nouveau comité de la FECOFA :
- Transformer une belle expérience mondiale en une culture durable de la performance.
- Ne plus attendre plusieurs décennies pour retrouver une Coupe du monde.
- Ne plus considérer une qualification comme une fin en soi.
- Mais construire un football capable de se qualifier régulièrement, de progresser à chaque compétition et de préparer dès aujourd’hui les générations qui porteront les Léopards demain.







